S’informer sur la maladie

Alcool et dépendance
 

1. Boire trop n’est pas sans conséquences !

 L’alcool « apaise la peine » et « réjouit le cœur de l’homme »  lit-on dans le psaume 104.
« L’alcool est un produit consommable très agréable qui réchauffe le cœur, et la bouche et l’estomac, qui estompe les problèmes, qui anesthésie des souffrances et des mauvais souvenirs mais un produit ô combien dévastateur. Les molécules alcool CH3-CH2-OH causent des atteintes graves au corps. Mais le plus grand malheur est, à mon avis, la grande souffrance psychique du malade alcoolique. Il se sent seul, incompris, coupable.» Docteur I. Sokolow, alcoologue.


L’alcool est désinhibiteur, facteur d’illusion. Quand on a trop bu, on ne contrôle plus ce que l’on fait (ses paroles, ses actes), et on ne sait plus ce que l’on a fait. Boire en grande quantité, c’est accepter de perdre la maîtrise de ses actes pour quelques heures. On prend le risque de mettre hors-circuit son jugement et le contrôle de soi (violence, perte de vigilance y compris sur le plan sexuel, etc.) avec  un risque qui lui est lié : celui de se retrouver au tribunal, à l’hôpital, en prison ou ailleurs encore.


«Etre ivre : c’est prendre le risque d’une perception fausse ou insuffisante de la réalité entraînant un comportement inadapté » Dr Pelicier

Sur le plan physique, les conséquences à moyen ou long terme d’une consommation excessive ne sont pas négligeables.
L’alcool est impliqué dans de nombreuses maladies :
certains cancers, les maladies cardio-vasculaires dont l’hypertension artérielle, troubles du système nerveux (névrite optique, polynévrite des membres inférieurs), troubles psychiques, anxiété, dépression, insomnies , troubles du sommeil, prise de poids, diabète, problèmes sexuels…

 

2. Le phénomène de dépendance physique et psychique

En cas d’usage régulier, les effets recherchés de l’alcool sur le cerveau s’atténuent. Pour les retrouver, le sujet doit alors consommer plus et  plus souvent et donc rapprocher et/ou augmenter les doses. Quand ils manquent d’alcool, le cerveau et l’organisme vont « protester » (tremblements, douleurs abdominales, etc.) : c’est la dépendance physique.
De plus, petit à petit, le sujet ne peut plus se passer de l’effet apaisant, euphorisant de l’alcool.
Quand il a bu « il oublie ses souffrances, il est « bien ». « S’il boit c’est qu’à jeun il est mal à l’aise, il subit cette envie de boire comme une invincible contrainte (le craving). Quand le taux d’alcoolémie baisse, la réalité réapparait dans toute sa dureté. Avec ce retour si désagréable au réel, les problèmes resurgissent. Le malade se sent seul, anxieux coupable ; il sent peser sur lui jugement et mépris ;  il sait qu’en buvant de nouveau, il sera soulagé.
C’est la dépendance psychique et l’enfermement dans l’alcool piège.

 

3. Le phénomène de déni : un mécanisme inconscient de défense.

En évitant l’étiquette « alcoolique » tant chargée de  honte, le malade cherche à éviter la souffrance. Il pense pouvoir s’en tirer  seul, s’il le veut et quand il le voudra. Il ne sait pas en parler ou ne sait pas à qui en parler, ni comment en parler. Pourtant de nombreuses  structures d’accompagnement, d’écoutes bienveillantes existent (voir « S’en sortir »).
S’il est difficile, le premier pas est le début d’un retour vers une vie libérée.

(Merci au docteur Sixte Sagot, membre de la Fraternité ; une partie de ces textes est tirée de ses fiches).